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Thursday, April 28, 2011

Les 14 premières minutes de ‘Game of Thrones’

La cha?ne cablée américaine HBO nous confie les clefs du tr?ne durant 14′. L’occasion de découvrir la série événement Game of Thrones qui sera diffusée dès le 17 avril 2011 aux Etats-Unis.
Basée sure le livre “A song of ice and fire” de George R. R. Martin, la série nous embarque dans un univers d’Heroic Fantasy. Les saisons n’existent plus dans cette contrée. L’été peut durer des décennies mais lorsque l’hiver surgit, des forces surnaturelles font leur apparition. Game of Thrones nous fait suivre la conquête du tr?ne de Westeros où des dynasties s’affrontent.
Dans la distribution, on trouvera Mark Addy (Robin des bois, The Full Monty…), Alfie Allen (frère de Lily Allen), Sean Bean (série Crusoe, Silent Hill, The Island, Le les trois opus de Le Seigneur des Anneaux…).


Thursday, April 21, 2011

Travolta savoure déjà son rôle de mafioso, en John Gotti - Yahoo! Actualité

"Il s'agit d'une histoire passionnante, qui n'a pas encore été racontée dans ce pays", a déclaré la star dans une conférence de presse aux c?tés du réalisateur et de John "Junior" Gotti, 47 ans, fils de l'ancien patron de la mafia, mort en prison en 2002 à 61 ans.
Le film sera tourné cette année à New York, et s'intitulera "Gotti: trois générations".
John Travolta, 57 ans, cheveux coupés courts et cravate verte, a estimé que John Gotti était un mafieux de la vieille école, qui vivait selon un "code moral."
Durant sa longue carrière à la tête d'une des cinq familles historiques de la Cosa Nostra à New York, les Gambino, Gotti s'était gagné des sympathies pour son élégance et son esprit. Il était tour à tour surnommé "Dapper Don" (le Don pimpant) mais aussi "Teflon Don" en raison de sa capacité à triompher au tribunal.
"J'aime son glamour", a déclaré Travolta. "Il charmait la presse, il charmait sa famille."
Il avait bien s?r des c?tés sombres, "sa parano?a, ses peurs, les risques qu'il faisait courir à sa famille", a-t-il poursuivi.
Présent dans le salon d'h?tel aux c?tés de nombreux membres de la famille, John "Junior" Gotti, qui a lui même échappé plusieurs fois à la justice, a dit qu'il voulait que le portrait de son père soit juste.
A la question d'un journaliste, qui lui demandait comment les proches de victimes tuées, blessées ou spoliées réagiraient face au traitement "hollywoodien" de l'histoire, le fils Gotti a répliqué sèchement: "dans ce scénario, chacun est une victime."
La starlette Lindsay Lohan, qui était présente à la conférence de presse, pourrait aussi se voir attribuer un r?le: celui de Victoria Gotti, la fille du boss. "Je suis en pourparlers pour avoir Lindsay dans le film, rien de conclu mais nous discutons", a confié le producteur Marc Fiore.

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Thursday, April 14, 2011

Prime de 200 euros - les mères savent quoi en faire

En attendant la mise en place du RSA le 1er juillet, près de 4 millions de ménages les plus modestes per?oivent une prime de 200 € en avril. Objectif de cette aide, annoncée le 4 octobre par le président de la République : éviter les ? conséquences dramatiques ? de la crise sur les plus vulnérables. J’ai donc pris mon petit carnet orange et me suis rendue par beau temps dans un parc de Bobigny. Le marchand de glaces a rassemblé toutes les mamans autour de sa camionnette. Une fois celui-ci parti, elles demeurent au même endroit. Et parlent. Mais de quoi ? De la fameuse prime.
Mesdames, qu’allez-vous faire de ces 200 € ? Les réponses fusent : ? Ils vont servir à couvrir mon découvert, dit l’une. – Moi, je les mets de c?té pour envoyer ma fille en colonie, dit une autre. – Je vais faire les courses du mois avec ?, dit une troisième. Une quatrième dame explique que pour elle, ?a ne change rien car ses allocations familiales ont baissé de 170 € ce mois. ? Sans raison valable ?, ajoute-t-elle. D’autres mères utiliseront cette prime en juin, lors des soldes, pour faire faire plaisir à leurs gamins et un peu à elles aussi. Mais rares sont les mamans qui disent vouloir en faire un usage personnel.
En voici une : ? Oh, moi, 200 €, ?a ne change pas grand-chose à ma vie. J’ai vu une paire de chaussures tout à l’heure, je vais me l’acheter avec. Tu me diras, je dépense parfois 1000 € en une heure pour ma fille et moi ! – Donc, vous n’êtes pas en manque d’argent si vous pouvez dépenser autant en un jour. – Si. Ce que je dépense, c’est l’argent que me donne ma mère, mon mari quand il travaille, et c’est aussi mon RMI. – Pourquoi se ruiner dans des fringues quand on sait vous comme moi que vous ne les porterez pas tous. – C’est la fièvre acheteuse, des fois… Blague à part, non, des fois, quand je vais mal, pour quelque raison que ce soit, j’achète. ?a me fait plaisir et au moins ma fille est heureuse d’avoir ses petites robes et ses ballerines. – En gros, pour vous, les 200 € c’est un petit plus pour ce mois et rien d’autre – C’est ?a. ?
Si je peux donner mon avis, je trouve que cette prime est quelque chose de bien. Le gouvernement aurait pu y penser à l’instaurer plus t?t. 200 €, ?a part très vite. Certains diront ? Oh, vous, les gens en situation précaire, vous n’êtes jamais contents ! On vous donne 200 € et vous vous plaignez encore ! ? Il ne s’agit pas de se plaindre, mais simplement d’être réaliste. Quand on voit que le pack de lait de 4 bouteilles Candia d’un litre et demi est à 6 €, le calcul est vite fait : 200 € c’est le caddie d’une famille de cinq personnes pour deux semaines de provisions, sinon une semaine et demie quand on ne fait pas gaffe.
Vous allez aussi dire que, dans ce cas, il ne faut pas acheter les marques mais la gamme 1er prix de Carrefour ? Un minimum de go?t et de tenue du produit, quand même ! Le lait pas cher, on dirait qu’il est cassé avec de l’eau…

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Thursday, April 7, 2011

La Poste fait son slam

Le préposé aux P.T.T qui mettait en relation le 612 de Montrouge avec le 99 à Guéret, est, aujourd’hui, définitivement relégué au rang du souvenir en noir et blanc. Le bureau de poste constitue la quintessence de l’espace public, dans lequel l’attente lui confère une intimité de salon, on y gueule, on y pleure, on s’y réjouit, on y regarde la télé et depuis peu on peut y chanter, ou plut?t on y slame. Comme ce soir d’avril, au bureau de poste central des Lilas, dans le 93.
A 20 heures, alors que les timbres ont normalement rejoint leurs tiroirs, les facteurs leurs pénates et les colis leurs étagères, le bureau des Lilas est resté ouvert, jusqu’à tard dans la soirée, pour écouter lycéens et autre slameurs, venus déclamer leurs proses. Sur le thème de la ? confiance ?, une dizaine de personnes se sont affrontées à l’occasion d’un concours où la popularité des candidats se mesurait à l’applaudimètre, le vainqueur étant celui qui a obtenu le plus de bruit.
Pour Charles Michaux, directeur départemental (93) de La Poste, ? la confiance est un thème particulièrement actuel et aujourd’hui, La Poste est incontournable sur cette thématique, elle incarne les valeurs d’ouverture et de proximité, d’où la légitimité de la question sur la confiance ?. En 2007, La Poste s’est engagée dans la création d’un Observatoire de la confiance. Composé de personnes extérieures à l’enseigne jaune, cet observatoire est une structure de ? recherche, de réflexion et d’action ?, selon Emilie Moreira, responsable à l’Observatoire. Le premier travail s’effectue auprès des jeunes, afin de comprendre les mécanismes de cette confiance, car selon son directeur, ? nous sommes le mieux placés auprès de ces jeunes, avec près de 45 000 personnes qui entrent quotidiennement dans nos bureaux, nous devons revenir vers eux ?.
D’où cette soirée slam, qui avait été préparée par une classe de seconde du lycée Simone Weil à Pantin. Dans le cadre des cours de fran?ais, deux groupes se sont formés avec des intervenants extérieurs qui ont débuté par ce que l’on appelle ? une séance de contamination ? (découverte du slam), puis des ateliers d’écriture et de travail scénique. Sami, l’un des participants – ? j’avoue que j’étais peu motivé au début ? –, a fini par se prendre au jeu, et puis la scène et l’applaudimètre peuvent être grisants une fois dessus. Il est dur d’en descendre.
Milouda, dit Tata Milouda, est présente à tous les rendez vous slam. Cette femme d’une soixantaine d’années, a même slamé avec Grand Corps Malade. Elle aime la scène, la dévore et envo?te le public de son accent et avec sa danse du ventre. Ses récits sont des morceaux de vie, son mariage, son apprentissage de la lecture et de l’écriture à 50 ans, son arrivée en France… Milouda est heureuse aujourd’hui, elle envisage même une scène rap avec son petit fils un jour…
Adrien Chauvin

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Friday, April 1, 2011

Benjamin Stora - « Il y a peut-être un lien entre les émeutes de 2005 et la guerre d’Algérie »

Dans votre dernier livre, ? Mitterrand et la guerre d’Algérie ?, vous écornez l’ic?ne de la gauche, adulée par des générations parmi lesquelles des Fran?ais issus de l’immigration. Ne craignez-vous pas d’exacerber les passions autour d’un sujet sensible ? Vous avez raison mais le travail de l’historien ne fait pas plaisir à tout le monde. On? prend quelquefois des risques sur les thèmes que l’on étudie. C’est la gauche qui a commencé la guerre d’Algérie, avec le gouvernement de Pierre Mendès France en novembre 1954. Le PCF, premier parti de France à cette époque, a quand même voté les pouvoirs spéciaux en 1956, Mitterrand, lui, ministre de la justice dans un gouvernement socialiste, a voté pour envoyer le contingent en Algérie…
Est-ce bien utile de revenir là-dessus ?
La gauche ne peut pas reconstruire son identité politique si elle fait l’impasse sur son passé colonial. Tout cela passe par un réexamen critique de son histoire. Après, on peut me dire que je fais le jeu de la droite, mais il suffit de se reporter à nombre de mes écrits qui montrent la torture ou la répression par des gouvernements de droite, à ??La gangrène et l’oubli??, par exemple, pour constater que ce n’est pas le propos. Car il faut bien commencer à traiter le passé de la gauche pendant la guerre d’Algérie.
La réconciliation passe-t-elle aussi par la réappropriation de la mémoire et de l’histoire par les Fran?ais issus de l’immigration algérienne ?
Attention à ne pas confondre deux notions. Il y a, d’abord, l’Histoire, qui suppose un travail pédagogique, littéraire, scolaire, et une recherche sur archives. Cela peut concerner par exemple toute l’histoire, de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à l’histoire récente. C’est la tache de l’historien, et du politique que de l’entretenir. Si l’histoire n’est pas enseignée elle se perd. La mémoire, c’est autre chose. Elle relève du vécu, des bribes d’histoires qui circulent, des itinéraires personnels ou de la tradition familiale.
Mais cette parole commence à émerger. Le film ? Hors-la-loi ?, réalisé par Rachid Bouchareb, en est un exemple.
C’est un sujet très intéressant car il révèle les préjugés très puissants d’une certaine fraction de la population? fran?aise à l’égard des Algériens. Ce qui pose problème, c’est la fa?on de faire le film. Il y a des erreurs historiques. On peut, certes, dire que c’est une fiction, mais une fiction ancrée dans une réalité historique, ce n’est plus tout à fait une fiction. Les Fran?ais faisant sauter le bidonville de Nanterre en 1961, l’ouvrier à l’usine Renault prenant la parole, rapporté aux conditions de clandestinité des Algériens en France… On est loin de la réalité vécue à l’époque par les immigrés. ? Hors la loi ? dévoile à la fois les préjugés de certains Fran?ais, résultants de l’époque coloniale, et la méconnaissance de certains Algériens sur leur propre histoire.
Un constat propre aux descendants d’Algériens nés en France ?
C’est compliqué à dire. Je suis au contact d’une ? élite ? scolarisée comme professeur d’université. Je constate l’accroissement du nombre de doctorants. Il y en avait très peu il y a quinze ans.? Aujourd’hui j’ai douze étudiants doctorants sur le Maghreb et l’Algérie. Cette ? élite ?, on la voit aussi dans les amphis. Les cours sur le Maghreb sont pleins de jeunes qui veulent se pencher sur la mémoire de leurs parents, leurs grands-parents.
Une évolution que vous ressentez aussi en tant qu’historien ?
Si je me fie à des paramètres objectifs, oui. Aujourd’hui, je suis régulièrement invité dans des conférences, par des mairies ou des mouvements associatifs. Dans la seule année 2010, j’ai cumulé une quinzaine d’invitations, en allant à Givors, Rennes, Saint-Etienne, Aubervilliers, ou Bobigny. A chaque fois, il y avait plusieurs centaines de personnes. Je suis la semaine prochaine à Vaulx-en-Velin.
Quel est le profil de ces jeunes ?
C’est une jeunesse urbaine, scolarisée, qui poursuit des études longues et entre dans la société fran?aise en voulant conna?tre cette histoire. C’est une forme de citoyenneté. Dans les quartiers, il? n’y a pas que les jeunes qui br?lent des voitures, et vivent dans la précarité. Il y a ceux inscrits dans une démarche de savoir, qui assistent à des conférences, se réapproprient cette histoire. Il y a quelque chose qui s’est passé dans ce pays.
La réconciliation entre la France et l’Algérie pourrait-elle venir? des quartiers ?
Ils sont à la fois pour la réconciliation des mémoires, mais sur la base d’une vérité de l’histoire et d’une justice rendue aux parents.
Vous êtes d’accord avec cela ?
Oui. La réconciliation ne suffit pas. Il faut aussi la justice. Sortir de la guerre des mémoires n’implique pas d’effacer les ardoises. Mais on n’en est pas là en France. Aujourd’hui, on est encore dans l’étape de la connaissance, vers la réconciliation.
Et ? la repentance ? dans tout cela ?
Je n’aime pas ce terme. Je suis plut?t sur une trajectoire de connaissance, de réconciliation, de vérité et justice. Ce travail est en soi considérable.
Le terme ? mémoire ? appelle souvent le mot ? guerre??…
Rappelons que la mémoire renvoie toujours aux traumatismes, aux blessures. Et sur cette histoire algérienne, il y a une douleur et une sensibilité qui se sont transmises.
Comment dissocier mémoire et guerre ??
Il faut commencer par rappeler que la mémoire s’articule sur des traumatismes. La mémoire historique de la guerre est donc toujours conflictuelle. Concernant la guerre d’Algérie, elle ne peut être vécue de la même manière selon que l’on soit du c?té du nationalisme fran?ais ou algérien. Or, dans la société fran?aise, on a les deux cas de figure. Pour les uns, c’est l’Algérie fran?aise avec l’histoire du grand-père pied-noir, des appelés du contingent. Pour les autres, l’Algérie porte la mémoire des exactions, de l’humiliation et du système colonial. Or, aujourd’hui, il y a deux options : ruminer dans la nostalgie de l’Algérie fran?aise pour certains, ou dans la mémoire de l’humiliation des pères de l’autre. Plut?t que de rester dans la répétition de cette mémoire traumatique, il faudrait s’orienter vers une réconciliation.
Après la loi? soulignant le ? r?le positif de la colonisation ?, votée en 2005, c’est plut?t? mal parti.
Oui et non. Sur le court terme, la guerre d’Algérie et l’indépendance algérienne, il y a une possibilité de réconciliation. A condition d’accepter que l’indépendance était inéluctable et nécessaire, de reconna?tre que l’Algérie est aujourd’hui un grand pays indépendant avec son régime, avec qui on peut avoir des désaccords, son hymne national, ses élites, ses problèmes avec sa jeunesse notamment. Mais sur le long terme, la colonisation, cela bloque. Il faut revenir à l’origine, à l’arrivée des Fran?ais en refusant l’idée sous-jacente qu’ils ont apporté ? la civilisation aux barbares ?. C’est tout le problème de ? la décolonisation des imaginaires ?, et c’est une autre paire de manches…
C’est aussi le r?le de la Fondation sur la mémoire de la guerre d’Algérie installée en octobre dernier, non ?
Oui, sauf que si cette fondation travaillait sur la réconciliation, son titre l’indiquerait. On reste sur la mémoire que l’on connait déjà. On est toujours dans ? on ne sait pas tout ?, ? on ne conna?t pas ?, on se met en mode ? amnésique ?. Mais les historiens ont déjà tout dit !
En 2008, une loi prévoyait de repousser les délais de consultation des archives de la guerre d’Algérie. Un obstacle supplémentaire pour écrire cette histoire ?
On en n’a pas forcément besoin. Quand j’ai commencé à travailler il y a 35 ans sur l’Algérie, il n’y avait pas d’archives. Je suis allé voir les acteurs de l’époque et les archives de presse, que j’ai confrontés. Les archives de l’Etat, c’est important mais pas essentiel.
Oui mais pourquoi les rendre inaccessibles ?
Franchement, beaucoup sont ouvertes, notamment celles concernant la vie quotidienne. Que ce soit à Aix-en-Provence, à Fontainebleau ou à Vincennes, elles restent peu fréquentées. Les archives de s?reté, c’est un autre problème. Il s’agit de tout ce qui touche à l’armée, aux forces de police. Mais tous les Etats verrouillent ce type de documents. Et les historiens tentent d’y accéder pour percer des secrets, c’est un débat vieux comme mon métier.
Les archives algériennes restent quand même un sujet délicat…
C’est vrai, il y a une singularité. Jusqu’en 1962, l’Algérie c’était la France, donc les documents rapatriés sont des archives de souveraineté. Maintenant que l’Algérie est indépendante, il? faut s’orienter vers une restitution pour tout ce qui touche à la vie quotidienne, l’administration, le cadastre, l’électricité… C’est une démarche de réconciliation. Mais il faut également une volonté politique, et là on n’est plus dans l’Histoire.
Y a-t-il un lien entre les émeutes de 2005 et la guerre d’Algérie.
Peut-être, je pense que c’est lié, inconsciemment. Et puis, l’année 2005 est très intéressante, avec trois moments clés. Elle commence par la loi de février sur ? le r?le positif de la colonisation ?. Elle se poursuit dans un débat étrange sur le ? non ? au référendum sur le Traité constitutionnel européen. Un ? non ? très social, citoyen. Mais aussi un ? non ? très souverainiste, très replié sur la France profonde. N’oublions pas que Le Pen, Villiers ont voté contre le traité. Le ? oui ? pouvait être l’ouverture, le refus des frontières, la lutte contre la xénophobie. L’année 2005 se termine sur la question de la banlieue, du sentiment d’abandon dans les quartiers, de l’humiliation et du racisme. Je crois qu’il y a un lien entre tout cela à savoir la redéfinition d’un ? lien national ?. Comment reconstruire une nation si on fait abstraction du passé, si on glorifie le colonialisme, si on rejette l’Europe ? Si on commence à renforcer les frontières, demain cela sera les visas et la chasse aux immigrés. On ne construit? pas l’avenir en restant ancré dans un nationalisme étroit.
Propos recueillis par Nadia Moula?
Fran?ois Mitterrand et la guerre d’Algérie ?, Fran?ois Malye et Benjamin Stora, édition Calmann-Lévy, 2010.
Algérie, 1954-1962 ?, Benjamin Stora avec Tramor Quemeneur, édition Les Arènes, 2010.

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Saturday, March 26, 2011

« Maintenant tout le monde sait que je suis sans papiers »

Abdenour, 19 ans, est sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Le verdict doit être rendu ce mardi 22 mars, à 9h30 au tribunal de Melun. Les lycéens n’ont pourtant pas attendu cette échéance pour réagir. Lundi 21 mars à 15h ils s’étaient tous donné rendez-vous devant la préfecture de Créteil pour apporter leur soutien à leur camarade menacé d’expulsion vers l’Algérie. Tout commence il y a quelques jours? quand Abdenour est arrêté alors qu’il est en train de fumer un joint. Le contr?le de police est bref?: il n’a pas de papiers. Alors qu’il est emmené en centre de rétention, le lycée Saint Exupéry dans lequel il est scolarisé, se mobilise. Pour tous, c’est un choc.
Abdenour vit en France depuis six ans, ses parents y sont depuis plus de neuf ans et ses deux petites s?urs y sont nées. Jeudi dernier plus de 300 lycéens s’étaient donc déjà rassemblés une première fois pour demander ?la remise en liberté et la régularisation d’Abdenour. Ce jour-là, une délégation envoyée à l’intérieur de la préfecture de Créteil ressort avec ce qui s’apparente alors à une bonne nouvelle?: ??le dossier d’Abdenour va être réétudié, et une réponse sera donnée vendredi?? dit-on à la délégation. De quoi calmer les esprits quelques temps, du moins le temps de la visite du ministre de l’Intérieur dans ces mêmes locaux le lendemain. Claude Guéant était venu faire le point sur les politiques migratoires mises en ?uvre.
Le pot aux roses est découvert, le dossier n’a pas avancé, seule nouveauté?: Abdenour est transféré du centre de rétention de Choisy-le-Roi (94) à celui du Mesnil-Amelot (77). Et ce lundi après midi, à la veille du verdict, les lycéens se sont organisés pour peser de tout leur poids. Fabien, élève en Terminale et camarade de classe d’Abdenour fait partie des plus actifs. ??On a créé une page Facebook et une pétition en ligne pour le soutenir. On est allé sur les marchés et un peu partout pour obtenir un maximum de signatures. Il y a une solidarité très forte des élèves et des lycées des alentours, mêmes des privés??. Pour Sofia 16 ans, ? c’est du n’importe quoi. ?a fait six ans qu’il est là et il est chassé comme un terroriste. Cette année il doit passer son bac, on est en train de lui ruiner ses chances.??
Alors que tout le monde s’active, les banderoles se déploient ??Des papiers pour Abdenour??. Les professeurs qui? discutent entre eux et observent la mise en place de la manif s’indignent?: ??Nous on ne conna?t pas Abdenour personnellement, mais c’est pour le principe. C’est humainement inacceptable.? Il n’y a pas de logique à faire entamer sa scolarité à un élève et à ne pas lui laisser la terminer??. Ils ne sont pas les seuls à ne pas conna?tre Abdenour, dans la foule quelques filles s’interrogent, ??alors c’est qui????. Car Abdenour est présent au rassemblement. Il a été relaché? provisoirement ce matin.
Pour cette professeur d’arabe au lycée Saint Exupéry depuis 10 ans, ? il y a une grande hypocrisie. On accepte ces irrégularités en souterrain pour faire fonctionner la société et de temps en temps on en prend un pour le renvoyer. Mais ce sont des drames individuels. Pour Abdenour, l’affaire est vraiment politique, du coup, seule la mobilisation des lycéens peut avoir un réel effet??. Elle se réjouit en même temps de cet élan de citoyenneté des élèves, ? ils sont peu politisés et là c’est un peu l’un de leur premier engagement. C’est important. Les lycéens sont très touchés par la thématique de l’immigration parce qu’elle fait partie de leurs vies. Quand ils vont en vacances l’été ils entendent ces mêmes histoires dans les familles?.
Leur premier engagement et leurs premiers slogans criés dans le mégaphone dont ils appréhendent le fonctionnement. Maladroitement mais avec ferveur ils crient ??Qu’est-ce qu’on veut?? Des papiers?! Pour qui?? Abdenour?! Arrêtez de faire les sourds?!??,??Stop à l’injustice?! Rendez-leur leur fils?!?? et ??So-so- solidarité avec les sans-papiers?!??. Après les slogans, une jeune fille s’empare du mégaphone et y colle son téléphone portable. De la musique algérienne diffusée en plein air et des pas de danse s’improvisent.
Pas loin, discrète, entourée de trois amies il y a la maman d’Abdenour qui observe avec tendresse la mobilisation et qui confie?: ??On est angoissés. Abdenour a fait une bêtise dont moi-même je ne suis pas contente mais tous les jeunes en font, il ne faut pas mentir. Je ne comprends pas leurs arguments, Abdenour est très bien intégré et il va à l’école. S’il repart là-bas il n’y a rien. Nous n’avons rien en Algérie. Juste un peu de famille éloignée. Aujourd’hui on s’en remet à Dieu, mais en tout cas cette mobilisation fait chaud au c?ur. Aujourd’hui j’ai une grande famille??.
Entre temps, une nouvelle délégation avait été envoyée dans l’enceinte de la préfecture. Abdenour en faisait partie. ??Ils reviennent?!?? crie l’un des manifestants. La musique est coupée, le ton redevient sérieux, et le mégaphone passe dans les mains d’un des professeurs envoyé pour discuter. ??Il ne faut pas voir les choses en noir et blanc, il y a parfois du gris. L’aspect positif c’est que la préfecture s’est engagée – même si elle ne veut pas, aspect négatif, abroger l’arrêté de reconduite à la frontière – à ne pas le mettre à exécution tant que la situation de la famille sera à l’étude. C’est? votre force et votre mobilisation qui a permis qu’Abdenour sorte de rétention, ?a c’est s?r et je le dis sans démagogie. S’ils nous ont appelé ce matin de bonne heure c’est qu’ils se sont rendus compte que les téléphones, Facebook, tout avait fonctionné pour se donner rendez-vous cet après-midi. Mais il faut montrer que l’on reste mobilisés et vigilants??.
Applaudissements et cris de joie éclatent avant qu’un dernier mot ne soit ajouté ??Mais il faut aussi penser que dans tous les lycées il y a d’autres jeunes qui sont dans la même situation qu’Abdenour.?? A l’extérieur du cercle qui s’est formé pour faire l’annonce, il y a ce jeune homme qui s’est allumé une cigarette. Entouré de quelques amis, c’est Abdenour, jean et pull coloré qui semble un peu dépassé. Le sourire aux lèvres mais gêné de tout ce déploiement de forces pour le soutenir il avoue?: ??Je ne suis pas vraiment confiant. Et c’est un peu la honte. Tout le monde sait que je suis sans papiers. Enfin non, c’est pas la honte, c’est pas grave. D’un c?té je suis touché par tout ?a, de l’autre…??. Abdenour ne termine pas sa phrase, mais on la devine. De l’autre, il préfèrerait être un lycéen comme les autres?: anonyme.
Joanna Yakin

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Saturday, March 19, 2011

Un amateur se construit une réplique de haut-parleurs Nautilus

Il a fallu à Lluis Pujol? plus de 400 heures de travail pour fabriquer des haut-parleurs “inspirés” par ce travail artisanal, qui est lui-même inspiré par les fameuses Nautilus à 60.000$ de Bowers & Wilkins.
Comme ?a ils n’ont pas l’air spécialement fantastiques, mais regardez plut?t à quoi ils ressemblent une fois poncés et polis:

Pas mal, n’est-ce pas?
Lluis a eu la bonne idée de documenter son aventure dans le monde audio en publiant un tutoriel de 11 pages sur son travail de fabrication. Si vous avez 400 heures à consacrer à vos loisirs, cela vous évitera peut-être d’avoir à hypothéquer votre maison pour vous payer des haut-parleurs haut de gamme.

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